Bonne Nouvelle ! Oui, j’ai de bonnes nouvelles pour vous, même si ce qui nous est décrit dans « Evangiles Sauvages » n’est pas forcément une succession d’idées idylliques. En revanche, la sincérité qui transpire des textes et l’énergie rock de ces chansons font de cet album une pièce salvatrice.
Loin de se prendre pour un messie, BALBINO, son auteur, résume son ambition de manière directe : « J’ai appelé « Evangiles Sauvages » l’ensemble des préceptes que l’on a donné comme référence à ma génération et par extension à notre société : le productivisme, la consommation de masse, le mépris des plus faibles, , l’individualisme érigé en modèle de réussite entrainant la rupture des liens sociaux et humains. L’homme ne parle plus à l’homme mais à des millions d’avatars perdus dans de vastes réseaux sans visages. « Pain bénit » pour des élites qui observent cette infinité de solitudes de moins en moins capable de prises de consciences communes, seules sauvegardes de valeurs humaines qui ont jusqu’ici permis notre survie. »
Et c’est bien cette sensibilité exacerbée qu’il a tatouée au plus profond de lui même qui frappe à l’écoute. Mais, quand vous l’interrogez sur le sujet, BALBINO dévie rapidement en appuyant son accent banlieusard musclé pour couper court à toute confession personnelle complémentaire.
Il profite de ce nouvel enregistrement pour se rebaptiser BALBINO, comme on appuie une proximité avec un public déjà marqué lors de son dernier épisode discographique par « Perpignan » ou « Le Vent nous rattrape ».
Au début des années 2000, lorsqu’il affichait encore MEDELLIN pour patronyme, on avait déjà noté la présence de BALBINO aux côtés de Sergent Garcia, puis associé à Mano Solo dans le titre « Barrio Barbès » (album « Les Animals ») avant de participer à l’album de Bratsch « Plein de monde »).
Mais c’est Bernard Lavilliers qui va véritablement lui mettre le pied à l’étrier au Grand Rex à Paris en partageant avec lui son classique « Les Mains d’Or », un véritable cadeau pour un jeune artiste en devenir. Cette association d’un soir (scellée dans la version DVD « Escale au Grand Rex ») marque le début d’une amitié, d’un respect artistique mutuel qui pousse Lavilliers, impressionné par sa qualité d’écriture à produire son nouvel album « Evangiles Sauvages ».
5 ans après son premier « Gitan de Paname », 3 ans après « Le soleil et l’ouvrier », tous deux sortis chez Barclay, BALBINO gagne en indépendance en rejoignant Naïve et en s’affirmant comme un auteur avide de poésie. Très tôt, il est influencé par le sillon de Charles Bukowski. Fasciné par le parcours, les frasques et l’œuvre de cet auteur hors normes, il lui dédie le premier extrait de ce nouvel album, « Bukowski ».
Il faut dire que si BALBINO couche sur papier ses pensées, c’est qu’au départ, il était un peu comme son modèle : cabossé, associable, armé d’un caractère bien trempé prêt à en découdre à la première occasion.
Aujourd’hui, il confie que l’ « on n’a pas besoin d’hurler pour faire passer un message fort » ; impression confirmée par un chant qui ne donne pas dans l’uniformité, titres après titres.
Autre nouveauté de taille, l’aspect électrique du nouveau son BALBINO affiché dès le titre d’ouverture « Evangiles » : « Un choix inévitable dans l’ambiance actuelle, en adéquation avec ce que l’on vit dans notre société. ». Là encore, l’intention est différente selon le propos. Du plus incisif pour coller au constat miroir de « Génération », rock animal lorsqu’il évoque « Des Corps », glam dans « Mec à l’ancienne » au reggae « genre The Clash » lorsque Balbino fantasme sur sa future progéniture dans « Ne me ressemble pas ».
C’est à Alice Botté, guitariste partenaire de Bashung, Christophe ou Daniel Darc dans le passé, qu’il a confié la réalisation et le jeu de multiples instruments. Riffs complémentaires de cette collaboration, quatre titres à quatre mains et l’incursion de Barbee dans le refrain de « Bukowski », partenaire de Botté dans leur duo Berline. Enfin, toujours fidèle à ses origines Catalanes, BALBINO a invité Cali pour catapulter en rock alternatif « L’Estaca », hymne de la lutte contre l’oppression Franquiste en Catalogne, devenu titre symbole de la lutte pour la liberté.
On y revient car BALBINO est sans compromis et n’a qu’un but : « être la voix des sans voix, ceux dont on ne parle pas, que la crise a repoussé dans les cités ouvrières où j’ai grandi ». Parole d’Evangile… Sauvage.
















