C’est l’histoire de Carpenter Brut, artiste synthwave, darksynth, peu importe le flacon après tout. Il est l’auteur de Trilogy en 2015, est apparu sur les bandes originales de Hotline Miami 2 et The Crew, et aujourd’hui, signe Leather Teeth. Un album court. Sec. Un “délire, comme sur les bons vieux albums de métal, Master Of Puppets en premier. 32 minutes de son, huit titres. Les gens peuvent le mettre en boucle si c’est trop court”.

C’est l’histoire d’une époque. Celle des permanentes, des bracelets cloutés, de la décadence la plus totale. Celle de Quiet Riot, de Mötley Crüe, de Van Halen aussi. “Quand j’étais jeune, je ne voulais pas en entendre parler, mais cette fois-ci, je savais que je voulais un truc un peu plus rock glam”. Le personnage de Leather Teeth s’appelle d’ailleurs Bret Halford, mélange de Bret Michaels de Poison et Rob Halford de Judas Priest.

Au final, c’est l’histoire d’une bande originale. Celle d’un film imaginaire sorti en 1987, d’une cheerleader (le morceau “Cheerleader Effect”), d’un regard échangé au détour d’un “Sunday Lunch” qui se transforme en “Monday Hunt”. Un coming of age ultra dark, un film d’horreur entre Street Trash, Brain Dead, The Thing, et House, qui serait le début d’une trilogie à la fois colorée (le rose fait d’ailleurs, sur la pochette, son apparition dans l’univers Carpenter Brut) et profondément malsaine (“le deuxième film, il commence à tuer des filles”). L’acte de naissance d’une bête (“Beware The Beast”). Une vraie bande originale, un faux film, qui bénéficie tout de même d’un casting rêvé : “de beat en blanc, je dirais Channing Tatum en quarterback, William Lustig, le réalisateur de Maniac Cop, et de Maniac, derrière la caméra, et le mec de Stranger Things saison 2, Dacre Montgomery, dans le rôle du héros”.

C’est, en somme, l’histoire de Leather Teeth, le nouveau Carpenter Brut. Une histoire bientôt contée aux quatre coins du monde : à l’Olympia (Paris) le 24 mars, Koko (Londres) la veille, au festival californien Coachella, au Hellfest (Clisson), au festival Beauregard, près de Caen, sans oublier l’Allemagne, le Canada, la Finlande…

Une histoire comme celle que nous échangions au coin du feu, qui se partage.

Une histoire de filles, de mort et de synthétiseurs crades.