Il était une fois…

Derrière ses boucles brunes Madjo sème le tempo. Artiste née de parents Franco-Sénégalais Madjo est originaire d’Evian-les-Bains. Devenue musicienne dès son plus jeune âge après une formation classique de violoniste elle abandonne le carcan traditionnel pour arpenter des voies plus rocailleuses, jalonnées de modèles anglo-saxons, un peu comme si le Mississipi baignait dans la Savoie.

Madjo « est une voix » douce, qui aime se frotter délicatement au blues, le tout orchestré par des guitares, banjo, claps et autres snaps à l’instar d’une « armée pacifiste ». Entre montée extatique propre au gospel et accents folk des plus intimistes, ses mélodies à la nostalgie rieuse convoquent tantôt Joni Mitchell tantôt Billie Holiday.

Ses textes s’invitent volontiers sur le terrain hasardeux des relations, du souvenir, du songe, transformant toujours le réel en une petite scène de théâtre dont elle monte et démonte les décors. Car Madjo a plus d’une histoire - à tiroirs - dans sa valise. Songwriter guidée par le fantôme de Lewis Carroll, elle sait fabriquer des univers colorés et extra ordinaires avec des bricoles confondant allègrement création et récréation. À la ville comme à la scène.

Celle qui quatre ans durant s’est produite en solo a désormais trouvé ses petits camarades de jeu : un beatboxer et deux choristes. Depuis un an « ses oiseaux », comme elle les rebaptise, l’accompagnent, formant une joyeuse troupe douée pour l’alchimie vocale et les concerts à l’énergie contagieuse. Enfin, nous voilà ses hôtes, amoureusement conviés autour d’une vieille recette dont elle exhume les trésors : peurs cocasses de l’enfance, utopies sentimentales, conquête d’un espace à soi, cartes postales familièrement étranges de la vie.

Impressionnante sur les planches, Madjo est en train de concocter un premier album qui à n’en pas douter s’ouvrira comme on feuillette un livre d’images, entre comptines à la française et ballades américaines.