Regardons les rimes tomber, intemporelles, hélas. « Assieds-toi près d’un vieux chêne/Et compare-le à la race humaine/L’oxygène et l’ombre qu’il t’amène/Mérite-t-il les coups de hache qui le saignent ? » Le morceau, extrait de l’album Mamagubida (1998), a connu un rebondissement lorsque NRJ l’a choisi comme coup de cœur de 2005. L’hymne prend alors la tête des charts et devient celui de cette année-là. Tryo avait demandé aux « petits » de verser des dons aux associations plutôt que de télécharger la chanson en sonnerie de téléphone. Depuis, le texte (de Guizmo) est étudié en classe de français.

Les images alarmantes du clip d’origine semblaient alors d’une évidence secrète, à l’épreuve du temps. Celle des campagnes, des océans et des rivières, des montagnes et des glaciers, fouettent aujourd’hui l’actualité. La chanson chorale s’appuie sur la puissance et la variété des harmonies vocales, entonnées le poing levé, pour dénoncer la disharmonie du monde décrié par toutes les générations - celle de Greta Thunberg n’était pas née en 1998. Pour rappeler cet hymne urgent, hymne à la vie, man.